Quelques jours après avoir partagé mes premières impressions, j'ai enfin terminé Le Somnambule… et je dois reconnaître une chose : je ne m'attendais absolument pas à une telle fin.
Sans révéler le moindre spoiler, les auteurs parviennent une nouvelle fois à jouer avec nos certitudes. Les personnages ne sont pas forcément ceux qu'ils prétendent être, les apparences sont trompeuses et certaines révélations obligent à reconsidérer tout ce que l'on croyait avoir compris au fil des chapitres. J'ai refermé ma liseuse avec ce sentiment rare d'avoir été sincèrement surprise.
Là où de nombreux thrillers peinent à conclure une intrigue aussi ambitieuse, Lars Kepler évite cet écueil. La fin n'est ni précipitée ni bâclée. Au contraire, elle prend le temps de résoudre les différentes pistes tout en conservant la tension qui caractérise l'ensemble du roman. Chaque élément trouve progressivement sa place et l'on comprend que beaucoup de détails disséminés plus tôt n'étaient pas là par hasard.
Je maintiens néanmoins ce que j'écrivais dans mon premier article : j'ai parfois eu du mal à suivre l'ensemble des personnages et à mémoriser certains noms. Cette impression ne m'a toutefois pas empêchée d'apprécier l'histoire, et elle s'est même estompée à mesure que l'intrigue avançait et que les liens entre les protagonistes devenaient plus clairs.
J'ai retrouvé avec plaisir Joona Linna, toujours aussi déterminé et méthodique, mais également Saga Bauer, personnage que j'affectionne particulièrement. Son évolution depuis les précédents romans apporte une profondeur supplémentaire à l'ensemble de la série, et sa relation avec Joona demeure l'un des aspects les plus intéressants de cet univers.
Concernant Hugo et Olga, mes interrogations ont trouvé certaines réponses, même si Lars Kepler conserve volontairement une part d'ambiguïté dans les relations humaines qu'il met en scène. C'est d'ailleurs l'une des grandes forces du roman : personne n'est totalement ce qu'il semble être au premier abord.
Le style, quant à lui, reste d'une redoutable efficacité. Les phrases sont courtes, les chapitres s'enchaînent rapidement et l'écriture demeure extrêmement fluide. Les auteurs vont droit au but, sans longueurs inutiles, ce qui rend la lecture particulièrement addictive. Une fois encore, j'ai eu beaucoup de mal à reposer ma liseuse. D'ailleurs, ce sentiment est largement partagé par de nombreux lecteurs, qui soulignent le caractère très prenant du roman et la maîtrise du suspense jusqu'aux dernières pages.
Les critiques spécialisées mettent également en avant l'originalité du thème du somnambulisme et cette frontière troublante entre souvenir, rêve et réalité qui traverse toute l'intrigue. Certaines voix reprochent néanmoins au duo d'auteurs une violence parfois excessive ou des personnages moins développés psychologiquement que dans d'autres grands thrillers nordiques. Personnellement, je trouve que l'efficacité narrative et la qualité de la construction l'emportent largement sur ces réserves.
Au final, Le Somnambule n'est peut-être pas mon roman préféré de Lars Kepler, notamment en raison de la confusion que j'ai parfois ressentie face au grand nombre de personnages. Mais il reste un thriller remarquablement construit, porté par une écriture fluide, une intrigue originale et surtout une conclusion que je n'avais absolument pas anticipée.
Si vous aimez les enquêtes sombres, les faux-semblants et les retournements de situation qui remettent en question tout ce que vous pensiez savoir, alors ce nouveau volet des aventures de Joona Linna mérite clairement votre attention.
Et vous, aviez-vous deviné la vérité avant les dernières pages ? Pour ma part, je dois l'avouer : Lars Kepler m'a totalement prise au dépourvu.
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